On appelle plante carnivore tout végétal capable de capturer des proies et d'en assimiler tout ou une partie afin de subvenir à ses propres besoins. Il existe environ 500 espèces de plantes carnivores connues à ce jour.
De manière générale, ces plantes poussent dans des milieux humides, voire marécageux, (tourbières, forêts tropicales). Le sol de ces sites est souvent acide. Certaines plantes sont aquatiques et poussent dans des eaux acides, elles aussi.
Ces deux milieux sont très pauvres en sels minéraux (azote, calcium, potassium ou phosphate). Ceux-ci sont nécessaires aux plantes pour pouvoir se développer. Dans un milieu naturel « normal », cette assimilation se fait habituellement par les racines. Pour faire face à cette insuffisance, les plantes carnivores ont dû s'adapter.
Pour cela, elles doivent capturer des animaux grâce à leurs pièges.
Il existe deux sortes de pièges : les actifs et les passifs.
Piège actif : partie de la plante qui exerce un mouvement pour la capture des proies comme la dionaea et la droséra capensis (semi-actif).
Piège passif : la plante reste immobile et comporte des substances chimiques pour attirer, coincer, noyer ses proies.
Il existe des dérivés de ces pièges comme les pièges semi-actifs (passifs et actifs en même temps).
Mais avant de piéger les proies, il faut les attirer; plusieurs techniques sont utilisées, cela va des couleurs très vives à la simple production de nectar, en passant par l'émission d'odeurs ou la décomposition du spectre lumineux.
Après avoir attraper sa proie, la plante va devoir l'assimiler, la digérer.
Mais comment sont apparues les plantes carnivores ?
On peut se demander comment s'est effectuée une telle évolution. Bien qu'il soit difficile de répondre catégoriquement à cette question, il est tout de même possible de construire un modèle de leur évolution. Disons, en premier lieu, qu'il a toujours existé des plantes non carnivores possédant des feuilles en forme d'urnes qui pouvaient accumuler de l'eau, comme, par exemple, chez plusieurs plantes épiphytes. Certains insectes peuvent tomber dans ses urnes accidentellement et y mourir noyés. Puis, leur décomposition, surtout effectuée par les bactéries, libère dans le milieu une certaine quantité de substances dégradées.
Ces substances dégradées obtenues de la décomposition sont absorbées par la plante, celle-ci devient alors par circonstances "carnivore".
C'est ainsi que sont probablement apparues les premières plantes carnivores, celles qui ont su s'adapter à leur milieux nutritifs très pauvres en utilisant les substances obtenues grâce aux insectes.
Les autres adaptations morphologiques ou physiologiques furent le résultat de sélections successives en vue d'améliorer le nouveau mécanisme d'assimilation : couleur et nectar pour attirer les proies, production d'enzymes digestifs, etc.
Heliamphora, le genre apparemment le plus primitif parmi les plantes carnivores, vient appuyer ce modèle. Il possède des feuilles enroulées dont les bords sont soudés pour former une urne. De plus, il est totalement dépourvu de glandes digestives, la décomposition y étant exclusivement effectuée par des bactéries.
Notons que les glandes sécrétrices de substances à propriété adhésives ne sont pas uniques aux plantes carnivores. En effet, certaines plantes ont développé de telles glandes qui leur assurent une certaine protection contre les insectes herbivores.